Inventaire du patrimoine

Inventaire conduit en 1982 par les services du Patrimoine de l’Isère.

Église Paroissiale Saint Romain, XIX° siècle
La construction de l’église néo-romane de Pommier commence en 1843 grâce à des fonds provenant du curé Mathais et de la vente de terrains communaux. Après des difficultés, en particulier en 1847 où un gros orage endommage le clocher et le sanctuaire, l’église est bénie en 1852 et achevée vers 1857.
 
Mobilier
– Saint Antoine, statue bois XVIII° siècle : L’ermite égyptien est représenté vêtu de bure, tenant une clochette et accompagné d’un cochon. L’élancement de la figure et le mouvement du drapé permettent de rattacher cette statue à l’important groupe baroque révélé dans cette exposition.
– Confessionnal, XVIII° siècle : de forme trapue à vantail central en chapeau et à loges latérales ornées d’une traverse haute et d’un panneau chantourné.
 
Chapelle Notre-Dame de Tournin, XVI° siècle
La façade occidentale s’orne d’une remarquable porte en plein cintre, flanquée de colonnette sans chapiteau et surmontée d’une fenêtre carrée plus récente. A gauche de la porte, un bénitier encastré. La façade est surmontée d’un campanile portant une cloche sous un toit pointu à quatre pentes couvert de tuiles d’écaille. Le mur nord est aveugle, le mur méridional percé de deux fenêtres ogivales paraissant plus récentes et d’une petite porte avec un linteau soutenu par deux consoles. A noter le loquet de la porte en forme de coquille Saint-Jacques. L’abside arrondie est surmontée d’une corniche formée de modillons de briques saillantes et éclairée par une fenêtre ogivale semblant ancienne.
chapelle
– Vierge à l’enfant, bois, XVIII° siècle : longtemps maître-autel de la chapelle, ce groupe a été mis à l’abri dans l’église paroissiale vers 1970. La statue est d’exécution naïve, tant dans l’exécution des visages et des draperies que dans la curieuse composition associant une vierge très rigide et un enfant basculé sur le côté.

Au début des années 2000, des sondages archéologiques avant travaux de remise en état, effectués par la Conservation du Patrimoine de l’Isère mettent en évidence trois couches d’occupations successives, dont une datant du XII° siècle, la couche primitive n’étant pas datable car dépourvue de mobilier archéologique. Néanmoins, la Chapelle de Tournin est connu par un diplôme du roi de Bourgogne Conrad en 969 (15) qui restitue la villa (16) Thorniacum avec son église au monastère bénédictin de Saint-Pierre hors les murs de Vienne.Une source curative dite miraculeuse permettant de guérir les affections dermatologiques des jeunes enfants est associée à la chapelle, s’agit-il d’un site païen christianisé ? Saint Augustin écrivait ” Il faut christianiser ce que l’on ne peut détruire” et vers l’an 800 Charlemagne condamne “… devant Dieu les arbres, les pierres, les fontaines où sont rendu les cultes aux divinités païennes.”

On serait alors en présence d’un ancien site sacré gaulois en lien avec l’adoration des Déesses-mères et le culte de la fertilité. Simple hypothèse que rien ne confirme aujourd’hui.

La restauration de l’édifice a permis de retrouver des peintures murales crées entre la seconde moitié du XV° siècle et la première moitié du XVI° siècle (17). Par ailleurs, de curieux graffitis tracés au charbon de bois ont été retrouvés dans l’abside. Leur signification est obscure, ils représentent des animaux, des démons. Possible clin-d’oeil malicieux du peintre avant d’apposer la couche finale .

details-des-explications

Maison Ginet, fin XVI° – Début XVII° siècle
Cette maison aurait été la demeure des nobles Chapuis de Pommier avant la Révolution. Elle devient ensuite habitation notariale puis auberge avant d’être restaurée. La porte d’entrée refaite sur un modèle ancien est pourvue d’un bel encadrement en accolade. Plusieurs fenêtres à meneaux plats subsistent.
 
Maison Roux, 1669
Maison en pisé et torchis, couverte de tuiles canal, datée au linteau 1665.
 
Maison Pellet, porte d’entrée 1687
Porte à encadrement mouluré, orné en son sommet d’un décrochement en “oreilles” datée de 1687.
 
Grange, Les Bruyères
Grange prolongée par un espace couvert d’une savante charpente servant à entreposer le foin en vrac, à côté de la maison d’habitation.
 

Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle Classé au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1933, le chemin traverse le village de Pommier de Beaurepaire. C’est le chemin emprunté par les pèlerins suisses, autrichiens, allemands ou parfois ceux d’Europe de l’est qui rejoignent l’itinéraire du Puy.

balisage
(15) Regeste Dauphinois, n°1310, p.218, T.1
(16) Villa au sens de domaine agricole gallo-romain repris par les Burgondes puis par les Francs après les invasions barbares 
(17) Atelier de restauration Paul Charret, Saint-Laurent du Pont